smartcity-mag

Présidentielle : la part du numérique chez les deux candidats en lice

02/05/2017

Renaissance Numérique, le think tank de la société numérique s’est fixé pour mission d’accompagner les acteurs publics, économiques et les citoyens dans la transition numérique de la société. Depuis le début de la présidentielle l’association dresse la vision numérique des cinq premiers candidats et notamment ceux d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, qui s’affrontent pour la place de Président de la République française.

Le premier tour de la présidentielle qui se tenait dimanche 23 avril a confirmé la tendance qui se dessinait depuis plusieurs mois et dont la presse d’information politique et générale s’était fait largement écho. Dimanche 7 mai, les 45,7 millions d’électeurs que compte la France auront donc à choisir entre les deux candidats qui se sont qualifiés pour le second tour avec dans l’ordre : Emmanuel Macron ( En Marche !) et Marine Le Pen (Front National). Pour ces deux candidats que tout oppose quel sera la part accordée au numérique en France pour les 5 prochaines années.
 
« Renaissance Numérique  », association loi 1901, qui se présente comme un lieu d'échanges, de réflexion, d'expertise et de production d'idées et de projets qui contribue à éclairer les citoyens et les décideurs, dans le sens de l'intérêt commun au travers d'un projet éducatif, scientifique, culturel et social a analysé les propositions des cinq premiers candidats, en matière de numériques, dans 20 catégories, de l’économie collaborative, en passant par les logiciels libres et la souveraineté numérique. (voir ICI l’ensemble de l’analyse). Nous nous conterons d’exposer les points qui nous semblent les plus pertinents, en matière de développement la Smart City, pour les deux candidats en lice.

Economie collaborative
Emmanuel Macron souhaite favoriser l’économie collaborative en France. Il veut  préserver une justice fiscale et sociale sur les possibles prélèvements sur la valeur créée par cette nouvelle économie, afin de financer le système de protection sociale, sans le rendre plus complexe pour les acteurs de l’économie collaborative. Il propose de simplifier le fonctionnement du régime général (fusion du RSI, compte citoyen, …) afin d’éviter les situations ubuesques des multi-cotisations forfaitaires.

Marine Le Pen, considère qu’il faut mener une lutte accrue contre la fraude fiscale et la fraude sociale. Pour la candidate frontiste, cette lutte ne peut être basée que sur la transparence des informations.  Concernant plus précisément l’économie collaborative elle ne pas établir un seuil d’imposition sur les revenus qu’elle génère, considérant que plus qu'un seuil, il faut un abattement global permettant une approche réaliste sans pour autant avoir à tenir une comptabilité́ d'entreprise.

Innovation et entrepreneuriat
Emmanuel Macron souhaite mettre en place d’autres outils pour favoriser le financement des startups et les « entreprises du futur » par l’intermédiaire d’un Fonds pour l’industrie et l’innovation,  doté de 10 milliards d’euros. Ce fond sera alimenté par l’ISF transformé en Impôt sur la Fortune Immobilière et un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de l’ordre de 30%, appliqué à l’ensemble des revenus tirés du capital mobilier (intérêts, dividendes, plus-values mobilières etc.).

Marine Le Pen est également favorable à la mise en place d’outils permettant de financer les entreprises innovantes. Pour cela elle veut recentrer le Crédit Impôt Recherche vers les PME et les startups et une part de l’assurance-vie (2 %) vers le capital-risque et les startups. Elle veut aussi inciter les grands groupes à créer leur propre fonds dans les entreprises innovantes.  

Protection des données personnelles
L’Union Européenne souhaite continuer à légiférer sur le traitement des données et propose d’aligner les obligations des acteurs traditionnels des télécoms et des nouveaux entrants en ce qui concerne la confidentialité des communications (e-privacy). Certains acteurs appellent à un règlement rapide alors d’autres estiment que le cadre actuel suffit.

Emmanuel Macron ne se prononce pas sur l’alignement e-privacy prévu par l’Europe. Toutefois il considère que si Le transfert de données est un enjeu essentiel pour les entreprises dans la nouvelle économie numérique, celui-ci doit pouvoir être encadré, pour assurer la protection des données personnelles ou pour des raisons de sécurité nationale.

Marine Le Pen qui souhaite se montrer attentive à la protection de la vie privée, au secret de la correspondance et aux libertés numériques, reste assez floue sur le sujet. Tout en garantissant la liberté d’expression et les libertés numériques, elle souhaite renforcer la lutte contre le cyber-djihadisme et la pédo- criminalité. Elle souhaite que les données concernant les français soient stockées sur des serveurs localisés en France.  

Obligation d’ouverture des données publiques (Open Data)
Emmanuel Macron souhaite poursuivre les efforts de mise à dispositions des données administratives, sans la rendre pour autant obligatoire, en créant notamment une banque de données numériques réutilisable sous licence, tout en respectant la vie privée et le secret des affaires.

Marine Le Pen est favorable à l’ouverture des données publiques considérant que le principe de la libre consultation des données publiques et les obligations de mise à disposition va dans le sens d’une démocratie de contrôle. Cela passe, selon elle,  par une meilleure coordination de la gestion et de l’ouverture au public des données afin de proposer des interfaces cohérentes, faciles à comprendre et à utiliser

Souveraineté numérique
Pour Emmanuel Macron la souveraineté numérique passe par la protection des données personnelles, au niveau européen, la couverture intégrale du territoire en très haut débit d’ici 2022, en donnant les moyens aux startups européennes d’assurer leur développement, la cybersécurité et la cyberdéfense dont il souhaite faire une priorité aux niveaux national et européen.

Pour Marine Le Pen il n’y a pas de souveraineté́ nationale que dans le numérique comme ailleurs. Pour elle, il  essentiel que l’État garantisse l’indépendance de la France et sa maitrise des données, des logiciels et des serveurs. Nous ne devons pas nous mettre dans la main d’entreprises multinationales ou d’États étrangers.  Les données des Français seront stockées en France, quant au droit de la concurrence elle refuse de se soumette aux exigences de l’UE.

Première mesure que les candidats souhaitent prendre en matière de numérique ?
Emmanuel Macron n’a pas répondu à cette question, ses mesures s’inscrivant dans la continuité de ce qui été entrepris à ce jour en la matière.

Pour Marine Le Pen, sa première mesure s’inscrit dans une modification constitutionnelle permettant de garantir les libertés numériques tout en renforçant la lutte contre le cyber-djihadisme et la pédo-criminalité. Elle veut créer une charte à valeur constitutionnelle qui inclura la protection des données personnelles des Français par le stockage des données en France. 

(voir ICI l’ensemble de l’analyse