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Angers, Nantes, Metz, ces villes vertes où il fait bon vivre

23/10/2020 Yannick SOURISSEAU

Multiplier les espaces verts pour répondre aux enjeux environnementaux qui s'imposent désormais, c’est l’une des actions dans laquelle de plus en plus de villes s’engagent. La surface végétalisée et le maintien de la biodiversité locale sont devenus des facteurs d’attractivité pour ceux, de plus en plus nombreux, qui sont à la recherche d’un lieu d’installation ou de villégiature où il fait bon vivre. Loin de la pollution des grandes métropoles.

Parc et jardins verdoyants, gestion de la biodiversité, mobilité douce et urbanisation peuvent se conjuguer, pour peu que les aménageurs prennent en compte les données permettant à la ville de conserver un bon équilibre. En clair il ne s’agit pas de repeindre la ville en vert et de prendre quelques morceaux de trottoirs aux piétons pour faire circuler les vélos pour considérer qu’une ville ou une métropole agit concrètement pour la protection de l’environnement et la réduction de l’impact carbone. 
 
En effet, les villes concentrent depuis des années tout ce qui est le plus néfaste à notre environnement. Au chapitre des plus gros pollueurs, l’automobile et les sites industriels installés au cœur ou en périphérie des villes. Même si des mesures sont prises pour éviter les débordements, ça ne devrait pas vraiment s’arranger car le nombre d’habitants des villes et métropoles, emplois obligent, devrait augmenter dans les prochaines décennies. A moins que les élus et leurs services techniques fassent plus que de simples jardins publics, bâtiments bardés de végétal et allées bordées d’arbres. La prise de conscience doit être collective et doit concerner tout un chacun, qu’il assure, de par sa fonction, la gestion d’un territoire urbain, ou qu’il soit un simple citoyen. Et sur point, certaines villes ont pris une longueur d’avance.   
 
C’est le cas d’Angers, Nantes et Metz, trois villes qui se placent en tête de celles qui sont les plus engagés en faveur de l’environnement, suivies de près par Amiens et Lyon, selon l’Observatoire des villes vertes, établi tous les 3 ans par l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep) et Hortis, organisation rassemblant les responsables d’espaces nature en ville. Un observatoire au demeurant pas vraiment indépendant, qui ne prend en compte que les cinquante plus grandes villes, - les plus fortement urbanisées – mais dans lequel chaque collectivité et entreprise est représentée, ce qui rend difficile le favoritisme.   
 
Pour déterminer ce classement, l’Unep a étudié l’importance du patrimoine vert ouvert au public, les efforts financiers pour le développement du végétal, la gestion des déchets verts, la préservation de la diversité et la promotion de ses espaces pour animer la vie locale et le tourisme. Sachant que les français aiment les parcs et jardins, - il suffit de s’y rendre chaque dimanche pour voir le nombre de personnes qui viennent y passer quelques heures -, pour comprendre que ces ilots de verdure, arborés ou non, suscitent un réel intérêt pour les urbains. 60% estiment d’ailleurs que ce doit être la priorité numéro un des collectivités. Pas étonnant qu’ils se rebiffent dès que des arbres sont abattus, même si les élus proposent de replanter l’équivalent, voire plus. 

 

1ere - Indétrônable, ANGERS est devenue l’ambassadrice du végétal urbain
Angers ville du végétal comme elle aime à le faire savoir par ses publications, à une véritable histoire horticole. Douceur du climat et terre fertile ont favorisé l’implantation de grandes entreprises horticoles, et ceci depuis des siècles. Des horticulteurs de renom installés dans la région ont contribué à l’aménagement des jardins des plus grands châteaux et monuments de France. Un parc ludo-éducatif, « Terra Botanica », témoigne de cet héritage végétal, ainsi qu’un arborétum où sont conservés des arbres rares. 
 
Les espaces verts représentent 14 % de sa surface - sans compter les zones forestières. La ville se donne les moyens de ses ambitions en consacrant 5% de son budget aux espaces verts soit 98 € par habitant. Le budget moyen des villes observées est de 76 €. La ville et sa métropole ont fait choix d’entrer dans l’ère de la ville « durable » ce qui lui permet de valoriser une politique volontariste reconnue, et sans cesse renouvelée. Parmi ses initiatives phares : un projet de « Territoire intelligent » engagé sur 12 ans, avec entre autres l’installation de 50 000 capteurs qui aideront à réduire de 30 % l’arrosage des espaces verts. Si le passage de la seconde ligne de tramway a nécessité l’abattage d’arbres centenaires, le plus souvent des platanes, la municipalité en place s’est engagée à replanter 100 000 arbres en 5 ans. Pas étonnant qu’Angers soit une ville qui attire de plus en plus de personne à la recherche de quiétude.

2e - NANTES, la combattante, place ses projets verts à l’échelle européenne
Dans la ville des Ducs de Bretagne, le vert a la cote. Nantes, 6e ville de France, qui conserve avec brio sa 2e place au classement des villes vertes, avec un ratio d’espaces vertes par habitant dans la moyenne (51 m2), tire sa force dans l’écocitoyenneté de ses pratiques, en faisant une véritable ville laboratoire dans laquelle chaque habitant doit se sentir impliqué.  
 
Une équipe de chercheurs en climatologie a lancé́ en 2019 un vaste programme d’études qui durera 4 ans, pour analyser l’influence des espaces verts sur le rafraichissement urbain (projet Coolparks). La ville a également créé en 2019 un nouvel espace pour inviter ses habitants à se ressourcer avec plus de 1 500 arbres cultivés au sein de la pépinière municipale. 
 
C’est par son effort d’investissement exceptionnel dans les espaces verts que la « ville aux 100 jardins » se hisse au plus haut niveau et pourrait même ravir la place à sa voisine, Angers. Avec plus de 38 projets conduits par 22 agences de paysage en 2019 – un chiffre record en France et en Europe – c’est plus de 41 millions d'euros qui ont été investis en moyenne sur les 3 dernières années.  Un effort reparti sur des chantiers ponctuels, comme le « jardin extraordinaire », une ancienne carrière réaménagée en jardin tropical, l’aménagement du parvis de la Gare - Jardin des plantes, un projet de 9 millions d’euros ainsi que le projet de « l’Etoile verte » qui ambitionne de connecter les grands parcs et espaces verts de Nantes afin d’offrir un réseau de 42 km de promenade végétale le long de la Loire et des rivières. Au total, la ville consacre 135 € par habitant aux espaces verts ; un budget qui est pratiquement le double de la moyenne nationale (76 €).
 

3e - METZ, un dynamisme assumé qui fait grimper la ville sur le podium des villes vertes
C’était la première fois en 2020 que la ville du Grand Est, se hissait sur la troisième marche du podium des villes les plus vertes de France.
 
Metz qui accueilli en 2019 le G7 de l’environnement, et a reçu plusieurs prix pour avoir lancé les premiers budgets participatifs éco-citoyens en faveur d’initiatives vertes, travaille d’arrache-pied pour valoriser le patrimoine végétal de la ville, déjà très riche.  C’est le cas de « jardins de Metz » qui développent chacun leur identité́ propre avec leur histoire, leur ambiance, leurs aménagements et leur mode de gestion spécifique. La ville a également généralisé́ des modes avancés de valorisation des déchets verts : 4 bovins arpentent la ville dans une démarche d’éco-pâturage vertueuse et de gestion durable des espaces et des déchets. 
 
Favorisée par son environnement, l’attractivité́ de Metz est renforcée par les nombreuses manifestations organisées dans la ville, qui s’inscrivent au cœur des espaces naturels et des aménagements d’espaces verts. C’est le cas de l’opération annuelle « l’Art dans les jardins » ou encore de la promenade « Jard’in Metz » dans les jardins du centre-ville. Un grand parcours « Art et jardins » placé au cœur du festival culturel « Constellations de Metz » permet de traverser la ville en longeant les berges de son plan d’eau, fait de découvrir toute la richesse et la diversité des espaces verts, lesquels deviennent le théâtre d’un dialogue entre patrimoine et art contemporain. Avec la note de 78/100, elle demeure la capitale de l’écologie urbaine et la meilleure grande ville de France pour sa biodiversité.


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