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Ça reste ouvert : une carte des magasins ouverts qui fait appel à l’intelligence collective

01/04/2020 Yannick SOURISSEAU

Nul doute que la crise sanitaire que nous traversons actuellement et qui ne va pas s’arrêter de sitôt, va bousculer le fonctionnement de nos cités. Pendant cette période particulière, certains font appel à l’intelligence collective pour faciliter la vie des citoyens pendant le confinement. C’est le cas de « Ça reste ouvert », une application créée par des spécialistes de la cartographie collaborative.

Les dernières modifications du texte de loi prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, publié le 23 mars dernier est clair : nous sommes tous confinés chez-nous jusqu’à nouvel ordre. C’est, selon les professionnels de santé, le moyen le plus radical pour enrayer la propagation du virus. Tant bien que mal les citoyens se plient aux directives gouvernementales et s'organisent.
 
Mais le décret d’application précise également les mesures dérogatoires, autorisant des sorties à durée limitée et de manière solitaire, parmi lesquelles la possibilité de se déplacer pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle et des achats de première nécessité ou encore pour se rendre chez son médecin. Mais avant de partir avec le formulaire dûment signé à la main, faut-il savoir si votre enseigne favorite n’a pas baissé le rideau.
 
Si le maitre mot est : « Restez chez vous », « Ça reste ouvert  » est l’outil indispensable pour éviter les déplacements infructueux autour de chez vous durant le confinement et limiter ainsi le risque de contagion », expliquent les développeurs bénévoles de cette application collaborative, des spécialistes de la cartographie OpenStreetMap (le Wikipédia de la cartographie), « qui a été développé dans l’urgence et évolue chaque jour ».
 
Déjà utilisée par plusieurs collectivités ( MontrougeLyon…) cette carte permet de répertorier les commerces alimentaires, les bureaux de tabacs, les services de santé, les postes de police…, tous les services autorisés par le texte de loi et qui se trouvent dans un périmètre restreint. Mais aussi tous les commerces fermés. « C’est la manière la plus efficace et la plus solidaire pour informer au mieux vos voisins et les habitants de votre ville » poursuit Florian Lainez, CEO de Jungle Bus, une entreprise qui permet aux entreprises de transport de collaborer avec la communauté OpenStreetMap pour créer des données de transport et qui contribue, avec d’autres professionnels de la cartographie numérique (informaticiens, géomaticiens, data analysts, chefs de projet numérique, …) à l’amélioration de « Ça reste ouvert », sur leur temps libre.
 
« Plus cet outil collaboratif sera utilisé, plus il sera précis »

 « Nous sommes tous déterminés à nous mobiliser en urgence pour répondre à la crise sanitaire actuelle. Nous sommes tous des contributeurs OpenStreetMap passionnés », poursuit l’équipe désormais rejointe par une centaine de contributeurs sur le territoire français. 
 
Chacun peut donc renseigner cette carte, - il faut au préalable s'inscrire sur la communauté OpenStreetMap -,et contribuer à l’effort collectif en matière d’information. Pour les utilisateurs, rien de plus simple, les points en vert sur la carte indiquent les lieux toujours ouverts, les gris, ceux où il manque des informations, enfin les rouges concernent les lieux fermés. À tout moment il est possible de signaler un changement, de consulter des horaires et d'en proposer d'autres en cas de modification. « Plus cet outil collaboratif sera utilisé, plus il sera précis », précise les développeurs.
 
S’il répond à l’urgence sanitaire, cet outil préfigure la démarche d’intelligence que pourront avoir les citoyens pour contribuer efficacement au fonctionnement de leur ville, sans attendre qu’une des grosses entreprises de l’internet, à l’exemple de Google, le fassent avec plus ou moins de précision. D’autant que le géant du net fait appel aux commerçants pour remplir les fiches d’informations sur leur enseigne, ce qu’ils oublient de faire, alors que dans le cas de cette carte collaborative ce sont les citoyens qui s’impliquent. 
 
Pour en savoir plus sur la genèse de ce vrai projet citoyen, cliquez ICI 


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