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Dijon s’impose comme un modèle de ville intelligente humaine

04/01/2019

De plus en plus de métropoles françaises s’investissent dans un projet de Smart City. Imaginer des zones urbaines économes en énergie, écologiques, agréables à vivre, le tout sans obligatoirement passer par les technologies digitales et sans rogner sur la dimension humaine de la ville, c’est l’objectif poursuivi par Dijon Métropole, territoire pionnier en France et modèle inclusif pour fournir des services publics et stimuler la croissance locale, nominé au dernier Smart City Expo World Congress de Barcelone.

Commune française, située sur l’axe Paris-Lyon-Méditerranée, à 310 km au sud de Paris et à 190 km au nord de Lyon, la ville de Dijon, chef-lieu du département de Côte-d’Or et capitale épicentre de la région Bourgogne Franche-Comté, est devenue une métropole urbaine, « Dijon Métropole », forte de 24 communes et 251 897 habitants (2016). Dijon, c’est aussi la capitale des vins de Bourgogne et de la moutarde, un condiment qui s’exporte dans le monde entier et qui ne monte pas au nez du maire et président de la métropole, François Rebsamen. Ancien sénateur socialiste, il fut ministre du travail sous la présidence de la République de François Hollande, dont il était très proche. Désormais il se consacre à la cité bourguignonne et compte bien renforcer son attractivité, déjà bien établie. Faire de Dijon Métropole le premier territoire intelligent, fait partie de ses ambitions. Et c’est plutôt bien parti.

« Une Smart City, c’est une ville qui s’occupe du citoyen et dans laquelle les habitants sont au cœur des projets », exposait, l'an dernier, Denis Hameau, conseiller métropolitain, en charge de l'innovation, au micro d’Europe 1. Pour ce dernier, la ville intelligente repose sur trois piliers. Le premier est environnemental, « pour aider dans la lutte contre le réchauffement climatique en réduisant la consommation d’eau ou en facilitant la production ». Le second répond à un besoin d’inclusion. « Une ville n’est intelligente que si elle produit plus de vivre ensemble et moins d’exclusion ». Enfin, la ville intelligente est une opportunité « pour faciliter le développement économique en lien avec les universités ou les laboratoires de recherches grâce aux données que l’on récolte ».

Mais pour l’élu territorial, comme pour le Maire-Président qu’il représente, il est avant tout nécéssaire de « se poser la question de la fracture numérique et trouver comment la résoudre », mais aussi et surtout de ne jamais oublier qu’un territoire urbain ce sont surtout des habitants. « La ville n’est intelligente que s’il y a des gens dedans. Une ville uniquement technologique ne sert à rien ».

Pour répondre aux besoins de la collectivité et de la population, Dijon Métropole a passé, il y a tout juste un an, avec un consortium d’entreprises : Bouygues Energies & Services, EDF, Suez et Capgemini, un contrat de performance baptisé « On Dijon  ». Signé pour 12 années ce contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance (CREM), d’un montant total de 105 millions d’euros, va permettre de réaliser des économies d'énergie et proposer des services plus pointus aux habitants.
 
« La collectivité devrait réaliser une économie de 65 % sur l’éclairage,  sans rogner sur nos missions de service public ». 

Constitué d’un poste de commande centralisé relié à des capteurs d'information, On Dijon, initialement prévu pour la ville de Dijon est étendu à l’ensemble de la métropole. Ce poste réuni en un seul point, la gestion de l'éclairage public, de la signalisation lumineuse, du suivi des services de voirie et de la vidéosurveillance. Un équipement qui a des implications dans la mobilité, la santé, la sécurité et le développement économique.

Cet équipement permet à la ville de Dijon d’administrer la ville de manière moderne avec des technologies numériques, en regroupant les PC sécurité de la police municipale qui gère les caméras de vidéo protection, le PC circulation, le service « Allo mairie » qui permet de signaler les incivilités et les problèmes urbains, et le PC Neige. « Tous ces postes étaient séparés. Pour gagner en efficacité, nous avons décidé de créer un poste de pilotage unique pour la ville de Dijon, mais aussi pour toutes les communes de la métropole ». poursuit le responsable de l’innovation. «  Une fois ce regroupement effectué, il est plus simple de lancer une réflexion sur les nouveaux services numériques que nous pouvons proposer aux habitants. L’organisation est le premier point clé pour avoir une ville intelligent ».

Grâce à cette gestion centralisée, la collectivité devrait réaliser une économie de 65 % sur l’éclairage, « sans rogner sur nos missions de service public », poursuit l’élu. La sureté publique est néanmoins au coeur du dispositif.

Concrètement On Dijon répond déjà à plusieurs usages, notamment la mobilité grâce à la mutualisation des services et à la fusion des délégations de service public qui concernent le bus, le tram, les vélos en libre service ou encore le stationnement et les parkings. La plateforme de centralisation regroupe désormais toutes les données de l’espace urbain, lesquelles vont devenir accessibles à tous. Ces données permettront de gérer la maintenance et les événements qui interviennent sur l’espace public et ainsi réagir en conséquence. D’autant que les véhicules d’intervention sont désormais géolocalisés.

Grace à « On Dijon », Dijon Métropole à été nominée aux « World Smart City Awards  » du Smart City Expo World Congress, le salon de référence des villes intelligentes, qui se tenait à Barcelone (Espagne) en novembre dernier. C’était d’ailleurs la seule ville française retenue aux cotés de métropoles internationales comme Melbourne, Londres, Singapour, Florence, Santiago du Chili ou encore Haïfa pour remporter le prix du meilleur projet au monde de ville intelligente. OnDijon a été sélectionné parmi 473 projets issus de 57 pays. C’est le projet de « Smart Nation et Digital Government » de Singapour qui a remporté le prix 2018.
 


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