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Économie collaborative et habitat collectif : quand le numérique recrée du lien social

17/06/2020 Adrien Oksman

Chaque année, de nouveaux secteurs de l’économie se voient totalement transformés par l’irruption de l’économie collaborative. Transport, tourisme, restauration, e-commerce, énergie… La liste des secteurs transformés par l’économie collaborative ne cesse de s’allonger. Pourquoi cette révolution – qui touche les transports, le tourisme, l’e-commerce ou encore l’énergie – s’arrêterait-elle à la porte nos résidences ? En pleine mue collaborative, l’habitat collectif va redevenir un espace propice au lien social. Un renouveau communautaire notamment permis par des outils numériques.

L’économie collaborative : une transformation désirable et nécessaire. Si l’économie collaborative transforme aussi rapidement et radicalement nos modes de vie, c’est parce qu’elle répond simultanément à trois besoins collectifs de nos sociétés :

Augmenter le niveau bien-être – Dans une société où le bien-être individuel est devenu un enjeu collectif, elle permet d’abord d’augmenter le niveau de service accessible à chacun : des luxes autrefois inenvisageables pour la majorité des consommateurs, comme louer une grande maison de vacances pour quelques jours ou être transporté jusqu’à chez soi par un chauffeur privé, sont ainsi devenus des services standards grâce à des plateformes comme AirBnb ou Uber.
Rationaliser les coûts – Au plan économique, elle permet de réduire considérablement les coûts de production grâce à la mutualisation des ressources : libérales ou non, toutes les économies lui réservent ainsi une place de choix pour parvenir à « mieux vendre ».
Réduire l’impact environnemental – Au plan environnemental enfin, la mutualisation des ressources est une réponse possible à la recherche d’un modèle de croissance vertueux : elle permet de réduire l’empreinte écologique de l’économie sans nécessairement la faire décroitre. 

Le modèle collaboratif n’est donc pas seulement désirable. Il est en train de s’imposer comme nécessaire.

Le logement collectif, berceau de l’économie collaborative
Crowdfunding, covoiturage, coworking, AMAP, fablabs… Tous les mots qu’on associe spontanément à l’économie collaborative sont des néologismes créés au cours des dernières décennies. Et pourtant, le modèle collaboratif est bien antérieur à cette foule de concepts du début du XXIème siècle. Il est notamment à l’origine de la forme de logement la plus courante aujourd’hui : l’habitat collectif. Les parties communes de la résidence, sa maintenance par un syndic de copropriété, son gardien… Tout ceci est déjà de l’économie collaborative ! Partager un même immeuble donne accès à une foule de services rendus moins coûteux et plus pratiques par la mutualisation : locaux à poussettes ou à vélos, ascenseurs, espaces verts, services de conciergerie, etc. En outre, l’immeuble est infiniment plus compact, à nombre de logements constants, qu’une somme de maisons individuelles. 

Confort individuel amélioré, coûts réduits et empreinte circonscrite : la mutualisation de l’habitat répondait déjà aux trois impératifs de l’économie collaborative dès la Rome antique...

Vers un renouveau communautaire
L’économie collaborative est donc consubstantielle à l’idée même de résidence. Si l’on a tendance à l’oublier, c’est que la copropriété est désormais conçue comme une somme d’individualités contraintes de composer les unes avec les autres. Quiconque a déjà participé à une réunion de syndic peut faire ce triste constat. Mais la nouvelle vague collaborative qui transforme aujourd’hui l’économie, en touchant désormais le logement, est en train de ramener le lien social au cœur de la résidence. 

Le signe le plus marquant de ce renouveau communautaire est certainement l’essor du « coliving ». Des résidences divisées entre parties privatives et parties communes conviviales séduisent de plus en plus de jeunes actifs déjà habitués à la colocation et attirés par les bénéfices d’une mutualisation à plus grande échelle : salles de jeu, espaces de coworking, événements, etc. Une pratique qui gagne la France mais qui est sans surprise née aux Etats-Unis et au Canada, pays où prospèrent les « condominiums » ces immenses projets immobiliers offrant des parties communes de standing à leurs résidents : salles de sport, piscines, cinémas, et même commerces !

Le numérique réinvente le collaboratif résidentiel
Créer du lien social au sein des résidences est aujourd’hui une mission stratégique des bailleurs et des gestionnaires de biens. C’est la qualité de ce lien qui définit en grande partie le niveau de bien-être des résidents et leur attachement à leur logement. C’est pourquoi de plus en plus de résidences utilisent désormais des applications collaboratives pour faciliter la vie de habitants et fluidifier leurs échanges au sein de l’immeuble. 

Un marché dynamique est né de ce nouveau besoin : celui des applications communautaires basées sur le lieu de vie. Nextdoor, Allovoisins ou encore la start-up française Ensembl’ proposent par exemple des plates-formes d’entraide, d’échanges ou de loisirs entre voisins. Les services adossés à des outils numériques collaboratifs s’imposent progressivement comme de très efficaces catalyseurs de lien social au niveau du lieu de vie.

Ainsi, des premiers insulae de la Rome antique jusqu’aux cités radieuses de Le Corbusier, en passant par les kibboutz israéliens, l’économie collaborative dans l’habitat a déjà une longue histoire. Mais la nouvelle vague collaborative née dans le sillage de la révolution numérique promet de transformer les modes de vie de façon profonde : des millions de foyers pourraient renouer avec les origines communautaires de l’habitat collectif. Une conviviale révolution économique et écologique est ainsi en cours, juste en bas de la maison…
 

Économie collaborative et habitat collectif : quand le numérique recrée du lien social
Sujet proposée par Adrien Oksman, co-fondateur de Boks. Startup française fondée en 2017, Boks propose une solution innovante de conciergerie, simple et économique, pour la réception des colis au domicile, 100% made in France.


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