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Energie : le photovoltaïque devrait fortement augmenter dans les prochaines années

23/10/2019 Yannick SOURISSEAU

Dans un récent rapport l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) indique que le photovoltaïque pourrait faire un bon avec une croissance de 50 % des capacités énergétiques en 5 ans, dans le monde, soit 1200 gigawatts supplémentaires prévus d’ici 2024. L’AIE estime que cette croissance est favorisée par la baisse des coûts et les politiques d’accompagnement à l’équipement.

On ne compte plus le nombre de fermes solaires ou les toitures équipées de panneaux photovoltaïques qui s'installent pour fournir de l'électricité, soit en autoconsommation, soit en partage, soit en redistribution sur les réseaux électriques. En France le coût de ces panneaux reste encore élevé, malgré une baisse significative, mais les tarifs de l’électricité qui ne cessent d’augmenter devraient allez dans le sens d’un renforcement des équipements produisant une énergie renouvelable, que ce soit des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques. D’autant que l’arrêt programmé des centrales nucléaires vieillissantes et le retard et le surcout astronomique des équipements nucléaires de seconde génération comme l’EPR de Flamanville, ne devrait pas allez dans le sens d'une baisse du coût de production. De quoi encourager les collectivités, les entreprises et les particuliers à se lancer dans les équipement solaires.

L’installation de systèmes photovoltaïques solaires sur les maisons, les bâtiments commerciaux et les installations industrielles devrait prendre de l’ampleur au cours des cinq prochaines années, transformant ainsi le mode de production et de consommation de l’électricité, estime l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) dans un rapport sortie en ce début de semaine. Celui-ci bouleverse les dernières prévisions du marché des énergies renouvelables.

Le rapport prévoit que la capacité énergétique totale basée sur les énergies renouvelables dans le monde augmentera de 50% entre 2019 et 2024. Cette augmentation de 1 200 gigawatts - soit l'équivalent de la capacité énergétique totale actuelle des États-Unis - découle de la réduction des coûts et des efforts concertés des pouvoirs publics. Le photovoltaïque solaire représente 60% de la hausse. La part des énergies renouvelables dans la production mondiale d'électricité devrait passer de 26% aujourd'hui à 30% en 2024. Cette avancée, quoique significative, n’est pas vraiment spectaculaire.

«Les énergies renouvelables constituent déjà la deuxième source d’électricité au monde, mais leur déploiement doit encore s’accélérer si nous voulons atteindre les objectifs à long terme en matière de climat, de qualité de l’air et d’accès à l’énergie », a déclaré le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE.
 
« Le potentiel des systèmes photovoltaïques distribués est important, mais son développement doit être bien géré »


Le rapport met en exergue les trois principaux défis à relever pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables: incertitude politique et réglementaire, risques d'investissement élevés et intégration de systèmes photovoltaïques éolien et solaire.

Selon le rapport de l’AIE, les systèmes photovoltaïques distribués représentent près de la moitié de la croissance de l'ensemble du marché des panneaux solaires photovoltaïques jusqu'en 2024. Contrairement aux idées reçues, les applications commerciales et industrielles plutôt que les utilisations résidentielles dominent la croissance des systèmes photovoltaïques distribués, représentant les trois quarts des nouvelles installations au cours des cinq prochaines années.

Pour l’AIE le nombre de systèmes de toits solaires sur les maisons devrait plus que doubler pour atteindre 100 millions d’ici 2024. Les principaux marchés par habitant devraient être l’Australie, la Belgique, la Californie, les Pays-Bas et l’Autriche.

 « Alors que les coûts continuent de baisser, nous sommes de plus en plus incités à accélérer le déploiement de l’énergie solaire photovoltaïque », poursuit le Dr Birol. Le coût de production d'électricité à partir de systèmes photovoltaïques solaires distribués est déjà inférieur aux prix de détail de l'électricité dans la plupart des pays. L'AIE prévoit que ces coûts diminueront encore de 15% à 35% d'ici 2024, ce qui rendra la technologie plus attrayante et encouragera son adoption dans le monde entier.

Le rapport avertit toutefois que des réformes politiques et tarifaires importantes sont nécessaires pour garantir la durabilité de la croissance du système photovoltaïque distribué.

En réformant les tarifs de détail les services publics et les gouvernements peuvent attirer les investissements dans les systèmes photovoltaïques distribués, tout en garantissant des revenus suffisants pour payer les actifs du réseau fixe et en veillant à ce que les coûts soient répartis équitablement entre tous les consommateurs.

« Le potentiel des systèmes photovoltaïques distribués est important, mais son développement doit être bien géré afin de concilier les différents intérêts des propriétaires de systèmes photovoltaïques, des autres consommateurs et des sociétés d’énergie et de distribution», souligne le Dr Birol, tout en proposant l’aide de l’AIE pour conseiller les gouvernements, collectivités et industriels à optimiser leur installation. Une chose est certaine, si le solaire n’est pas encore suffisant pour remplacer le nucléaire, notamment en France, il s’agit d’une progression qui favorise le cercle vertueux de l’autoconsommation et de la flexibilité du système électrique.
 


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