Hausses des carburants : le covoiturage a le vent en poupe

10/11/2021 Yannick SOURISSEAU

Conséquence de la hausse des carburants, les Français se tournent de plus en plus de solutions permettant de réduire la facture. Le covoiturage qui consiste à partager un même véhicule, connait une pratique en hausse, comme le soulignent la plupart des acteurs de l’automobile partagée.

Depuis quelques, le prix des carburants nécessaires au fonctionnement des véhicules automobiles, ne cesse d’afficher des tarifs en hausse, sans que l’on ne sache quand ça va s’arrêter.  « En un mois le prix du gazole a augmenté de 9,7 centimes », rapportait dernièrement notre confère Auto Plus, rappelant que le Gouvernement ne souhaitait pas s’engager vers une baisse des taxes, comme cela était demandé par les consommateurs, mais plutôt vers une « indemnité inflation »
 
Tous les Français gagnant moins de 2 000 euros/net par mois recevront automatiquement un chèque de 100 euros en décembre 2021 ou en janvier 2022. « Chômeurs, retraités, salariés et indépendants sont concernés par cette indemnité sans qu’ils aient une quelconque démarche à effectuer », rappelle le magazine automobile. 
 
Ce petit coup de pouce n’aidera pas vraiment les automobilistes, tout au moins sur la durée. Alors certains se tournent déjà vers d’autres moyens de transports : train, bus, tram, vélo… quand cela reste possible, changent leur voiture, pour un modèle électrique ou se tournent vers le covoiturage. Un moyen de transport collectif, qui permet de lutter contre « l’auto-solisme », très couteux pour les automobilistes et l'environnement, qui constitue une véritable alternative, souvent complémentaire d’autres moyens de transports.
 
« Depuis début septembre on a doublé notre activité » se félicite Adrien Tahon, directeur de BlablaCar Daily, l’un des ténors du marché. D’autant plus intéressant pour ce secteur que l’année 2020 avait fait chuter l’activité de 30%, à cause du confinement. Le redémarrage est tellement rapide que le nombre de conducteurs acceptant de partager leur véhicule, n’absorbe pas la demande. Et pourtant, le covoiturage permet de faire des économies à ceux qui mettent leurs sièges à disposition comme à ceux qui les utilisent.  Sur un trajet de 300 km un automobiliste qui embarque trois passagers gagne environs 50 euros. 

Même constat chez Ecov, un des spécialistes du covoiturage de proximité sur des lignes définies à l’avance avec les collectivités locales, à l’instar des lignes de transport en commun.  « Depuis la rentrée, Ecov observe une forte progression des demandes de trajets sur l'ensemble de ses réseaux », note la direction d’Ecov.  En effet, le nombre de trajets a plus que doublé en octobre, comparativement à la situation pré-covid, sur ses lignes de covoiturage. 
 
Ecov est un système de covoiturage, différents des autres puisqu’il fonctionne en collaboration avec les territoires. L’opérateur met en place un service public de lignes de covoiturage dans les territoires ruraux et périurbains qui permettent à ses usagers de partager leur trajet sans réservation, comme s'ils prenaient le bus, en attendant quelques minutes aux arrêts.
 
« Ces lignes de covoiturage sont financées par les collectivités locales, qui proposent une solution concrète à leurs habitants pour se passer de leur voiture individuelle là où les transports conventionnels ne suffisent pas », rappelle l’opérateur qui cite en exemple Les lignes Lane Bourgoin - Lyon  lesquelles sont l'équivalent « d'un tramway entre Bourgoin et Lyon » pour les élus locaux qui soutiennent le projet. 
 
« La flexibilité du service, plus souple que le covoiturage planifié de type Blablacar, permet de toucher des nouveaux publics », souligne Ecov. En septembre, grâce à Lane (réseau lyonnais), la moitié des conducteurs les plus actifs ont économisé 35€ en moyenne, et la moitié des passagers plus de 200€ en moyenne. L’opérateur présente plus ce dispositif qui permet de prendre le véhicule mis à disposition par un conducteur, comme on prend le bus, avec ses lignes et points d’attente, comme un système de mobilité partagée. 
 
Des réseaux en marque blanche sont implantés à Lyon (Lane), Grenoble (M'Covoit-Lignes+), ou encore Rennes (Star't) avec des lignes Covoit'ici implantées dans la Plaine de l'Ain, la Vallée de Kaysersberg ou encore la Provence Verte.
 
Rappelons que le co-voiturage peut également se pratiquer entre collègues de travail, sans rémunération, chacun prenant sa voiture à tour de rôle pour emmener ses collègues. De nombreuses collectivités installent des aires de covoiturage qui permettent à chacun de retrouver la voiture de transport et laisser sa propre voiture jusqu’au soir. 


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