Hébergement : Scaleway interpelle les candidats aux élections présidentielles

14/09/2021 Yannick SOURISSEAU

Et si les candidats aux prochaines élections présidentielles qui se profilent à l’horizon, inscrivaient l’hébergement des données des sociétés françaises sur le sol français dans leur programme ? C’est le vœu que formule Yann Lechelle, Directeur Général de Scaleway, un hébergeur tricolore, qui pense que ces candidats devraient commencer par les sites web de campagne. Pour l’exemple...

On peut prôner le made in France et choisir un hébergeur étranger dès lors qu’il s’agit de stocker ses données numériques. C’est le cas des candidats aux présidentielles, lesquels passent le plus souvent par une agence de communication, sans vraiment savoir où sont hébergées les données concernant leur site de campagne. « Chers candidats, hébergez vos données chez des acteurs de l’écosystème tech français ! » lanceYann Lechelle, Directeur Général de Scaleway, une entreprise qui héberge des sites web et qui, comme son nom ne l’indique pas, est pourtant française. 
 
Précédemment dénommé Online SAS, devenu Scaleway après sa fusion, en 2010, avec la société d’hébergement Dedibox, cet hébergeur Internet français, filiale à 94,8% du groupe Iliad, a été fondé par Xavier Niel en 1999.  Scaleway, acteur majeur de l’hébergement internet est le concurrent direct d’OVHCloud, premier hébergeur français, dont le siège est situé à Roubaix.
 
Les prochaines élections présidentielles auront lieu les 10 avril et 24 avril 2022 et les candidats affutent déjà leurs armes, s’affrontant déjà par communiqués interposés, sur les médias. Sans vraiment être officielle, la campagne est lancée, et dans ce climat d’incertitude, renforcé par la crise sanitaire dont on ne sait pas quand elles se terminera, le directeur de Scaleway rappelle que le numérique va se retrouver une fois de plus au cœur des dispositifs déployés par les candidats et leurs partis, à commencer par l’hébergement de leurs sites de campagne.
 
 Pour Scaleway, cette période constitue une opportunité en or pour que le personnel politique montre l’exemple en matière de souveraineté numérique, en appliquant des actes très concrets d’hygiène numérique.
 
« Alors que la digitalisation de nos sociétés et de nos économies s’est fortement accélérée sous le coup de la crise sanitaire, on a vu au cours des derniers mois une formidable prise de conscience, politique et citoyenne, sur les enjeux de souveraineté numérique, à l’échelle nationale comme Européenne », soutient Yann Lechelle. « L’économie numérique et les marchés du cloud qui la sous-tendent sont massivement concentrés autour d’une poignée de grands acteurs, américains et chinois ».
 
Pour ce dernier, « les données que les utilisateurs européens confient à ces géants, où qu’elles soient localisées, se trouvent de facto soumises à des législations non-Européennes, à portée extraterritoriale ». 
 
« Ce serait un formidable coup de projecteur sur l'écosystème technologique français »

Là où le bât blesse, c’est que ces législations qui échappent à réglementation européenne et française, « peuvent allègrement porter atteinte à l’intégrité et à la confidentialité des données des Européens, puisqu’elles n’assurent pas un niveau de protection équivalent au cadre réglementaire développé sur notre continent en matière numérique, en ligne avec nos valeurs humanistes », souligne Yann Lechelle.
 
Sachant que les programmes des différents candidats sont en cours d’élaboration, le directeur de Scaleway leur lance un défi, celui de montrer l’exemple en matière de souveraineté numérique : « en hébergeant tout simplement leur site de campagne et les données qui sont liées chez des acteurs locaux, exclusivement soumis au droit européen, le plus protecteur de tous en matière numérique ». 
 
Pour Yann Lechelle, « ce serait un formidable coup de projecteur sur l'écosystème technologique français, qui est aujourd’hui largement en mesure de proposer des solutions satisfaisantes, compétitives et pratiques pour de tels besoins ». 
 
Et comme la plupart mette en avant la relocalisation des productions des entreprises françaises, sur le sol hexagonal et dénoncent l’emprise des GAFAs et leur soustraction aux textes français, « ce serait aussi un moyen vertueux et concret d’encourager des acteurs qui paient leurs impôts en France, investissent et créent de l’emploi sur le territoire national, tout en comptant parmi les plus vertueux en matière environnementale ». 
 
Sans compter l’effet d’entraînement positif d’une telle démarche, vu la visibilité dont disposent ces candidats. « Chers candidats, ce serait un petit pas pour votre webmaster, un grand pas pour la France et notre souveraineté numérique », conclut le directeur de Scaleway. 


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