Le Mans, Angers et Dijon, choisissent l’hydrogène pour leurs véhicules de ramassage des déchets ménagers

05/05/2021 Yannick SOURISSEAU

Ce n’est pas un fait nouveau. De plus en plus de collectivités se tournent vers l’hydrogène pour réduire l’impact carbone de leurs véhicules, le plus souvent des transports en commun. Deux villes de l’ouest, Angers et Le Mans et une de Bourgogne Franche-Comté, Dijon, toutes impliquées dans des démarches de transition écologique, choisissent cette nouvelle énergie pour leurs véhicules de ramassage des déchets ménagers, en organisant une commande groupée. Une première en France.

Va-t-on voir des bennes à ordures ménagères siglées du logo H2 circuler dans nos villes ? Certainement. Angers, Le Mans et Dijon, villes et métropoles, toutes les trois très impliquées dans la transition écologique avec la promotion des énergies décarbonées et la diminution de l'usage des énergies fossiles, ont choisis cette option. 
 
« L'hydrogène est évidemment au cœur de cette réflexion et des choix que nous devons faire pour l'avenir de notre collectivité », affirment de concert Stéphane LE FOLL, Maire du Mans, Président de Le Mans Métropole, Ancien ministre, Christophe BÉCHU, Maire d'Angers, Président de Angers Loire Métropole et François REBSAMEN, Maire de Dijon, Président de Dijon Métropole, Ancien ministre
 
Ces trois collectivités, impliquées dans des démarches de territoire intelligent, qui passe inévitablement par une prise en compte du respect de l’environnement et de solutions ayant un impact positif sur le climat, ont choisi de mener une démarche conjointe d'achat de bennes à ordures ménagères. 
 
Que ces trois collectivités s’unissent, avec un même objectif en faveur du climat, c'est une première en France. « Nous continuerons à travailler dans cette direction pour promouvoir les énergies de demain », affirment les trois maires et présidents d'agglomération, convaincus d’avoir fait le bon choix.
 
« Nos collectivités sont là pour porter des expérimentations nouvelles et définir les choix de demain, c'est une écologie qui s'appuie sur l'investissement et sur l'innovation et qui vise à la décarbonation de nos collectivités à l'instar de ce qui doit être fait à l'échelle nationale, européenne et mondiale », poursuivent les édiles. 
 
« La production d'hydrogène est à la portée de tous »

L’hydrogène, décomposition de la formule de l’eau (H2O) dont chacun garde un souvenir de ses premiers cours de chimie sur les bancs de l'école, dispose d’au moins trois atouts majeurs qui favorisent la transition énergétique, la lutte contre le changement climatique et la qualité de l'air :
 
• Il permet de structurer des écosystèmes énergétiques locaux et contribue ainsi à la stratégie énergétique des territoires.
• Il permet de mobiliser des énergies renouvelables et de récupération pour la mobilité et le transport.
• Il contribue à améliorer la qualité de l'air, car la fabrication d'hydrogène n'émet que de l'oxygène et l'utilisation de l'hydrogène ne rejette que de l'eau.
 
Mais pour que cette solution soit cohérente, il faut impérativement qu’elle soit produite par une électrolyse de l’eau à partir d’énergie renouvelable, et pas d’énergie fossile ou nucléaire. Et de ça les élus territoriaux en sont conscients puisqu’ils affirment que « la production d'hydrogène est à la portée de tous les territoires à partir de l'électricité éolienne, solaire ou issue de la valorisation énergétique des déchets, de la gazéification de la biomasse, à partir du bois, de la culture de chanvre... ». Dont acte.
 
Chaque territoire doit donc de développer une production locale et renouvelable d'hydrogène pour ses besoins, afin d’alimenter tous les types de véhicules ( voitures, chariots élévateurs, bus, bennes à ordures ménagères, train…), sachant qu’aujourd’hui c’est surtout pour les véhicules lourds que cette technologie est la plus efficiente. Ce gaz, utilisé le plus souvent dans des piles à combustible, n'occasionnant ni perte de puissance ni d'autonomie. 

Selon les élus territoriaux, le coût d'achat d'une benne hydrogène évolue entre 550 000 et 850 000 €, selon ses caractéristiques et les constructeurs. C’est pour en réduire le prix d'achat que les trois collectivités ont décidé de s’unir dans un groupement d’achat. Le Mans Métropole va commander 6 bennes à ordures ménagères H2 au rythme de deux par an, Angers Loire Métropole va en commander 3 et Dijon Métropole, 20 sur les 5 prochaines années. 
 
A noter que Dijon est déjà engagée dans une démarche de mobilité responsable et souhaite se lancer dans la production d'hydrogène vert grâce à l'incinération des déchets ménagers et le photovoltaïque.
 
Pour les trois maires et présidents d’agglo, l’intérêt du groupement de commandes est double. « Il est d’abord d’ordre économique pour permettre une baisse du prix unitaire des véhicules par des économies d'échelle tout en intéressant des chaines de production automobiles. Ensuite, le groupement de commandes est un outil adapté de coordination et d'échanges entre collectivités pour partager des moyens et des expertises dans un domaine innovant qui nécessite une forte spécialisation ».
 
Selon les collectivités concernées, la première livraison doit intervenir début 2023 et bénéficiera des subventions de l'Europe, de l'ADEME et des Régions


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