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Rose Car : le covoiturage solidaire pour les malades du cancer

12/05/2018

Les traitements du cancer, le plus souvent effectués dans un centre spécialisé, nécessitent des déplacement réguliers. Si certains sollicitent un véhicule sanitaire dont les frais sont pris en charge sous conditions, d'autres utilisent leur voiture personnelle, laquelle peut être partagée avec d'autres patients. C'est ce que propose la plate-forme de covoiturage Rose Car.

Les personnes touchées par le cancer le savent : le traitement de leur maladie nécessite des déplacement réguliers vers le centre de lutte contre le cancer le plus proche, tous les jours s'il s'agit de séances de radiothérapie, toutes les semaines ou plus dans le cas de séances de chimiothérapie. Une contrainte a laquelle s'ajoutent les visites de contrôles et autres examens qui entrent dans les protocoles de traitement et de suivis des patients.

La plupart des patients font appel aux véhicules de transport sanitaire, sur prescription médicale, dont la prise en charge par l'assurance maladie et les mutuelles est limitée lorsque le malade ne présente pas au moins une déficience ou incapacité définies par le référentiel des transports du Ministère de la Santé et des Solidarités. Reste alors le véhicule personnel ou celui d'un proche, dès lors que le traitement n'est pas invalidant.

Dans tous les cas, le financement de ces déplacements présente un coût pour la société, les personnes affectées et leur entourage, auquel s'ajoutent bien souvent le besoin d'être accompagné pour se sentir moins seul avec la maladie et les difficultés pour stationner tous les véhicules aux abords des centres de cancérologie.

Se sentir moins seul pour faire la route, en rencontrant et en échangeant librement avec d'autres personnes concernées par la même la même maladie, c'est l'alternative que propose la plate-forme de covoiturage Rose Car, une structure basée sur l'entraide entre patients. Ce service solidaire, entièrement gratuit a été lancé par Céline Lis-Raoux, ancienne malade du cancer et journaliste de profession, et Céline Dupré, professionnelle de la communication santé, co-fondatrice de Rose Magazine. Support gratuit, papier et internet, Rose Magazine est financé par les mécènes de l'association Rose, qui s'est fixée pour objectif de répondre aux questions des femmes atteinte d'un cancer.
 

«  On est dans la même galère ... »


Cette plate-forme unique en son genre, qui a démarré à Bordeaux et se déploie désormais dans d'autres villes, fonctionne sur la base de communautés créées par centre de cancérologie, afin que les patients qui convergent vers un même lieu, puissent plus facilement en trouver d'autres avec lesquelles elles partageront leur trajet.

«  On est dans la même galère, on a l'impression de faire partie d'une même communauté et nous sommes toutes solidaires », expliquent deux utilisatrices de Rose Car au micro de France 3 Aquitaine. «  En voyageant ensemble on parle aussi d'autres choses pour oublier qu'on est connotés cancer à l'extérieur ».

Partager autre chose qu'un simple voiturage, et notamment créer du lien entre patients, et pas seulement des femmes, qui luttent de la même maladie, c'est bien l'objectif de l'association Rose, qui l'a même inscrit dans sa charte d'utilisation de la plate-forme. Le service est totalement gratuit, il se fait sans échange d'argent, en alternant les véhicules quand cela est possible, pour réduire les frais et éviter le recours aux transports sanitaires quand ils ne sont pas utiles.

Encore plus que le covoiturage classique qui permet de réduire le nombre de véhicules en circulation et de fait la pollution qu'il engendre, cette plate-forme est aussi une alternative aux transports en commun pas toujours adaptés à l'état de santé des patients.

Ce service inédit a surtout été initié dans le contexte d'économie hospitalière qui privilégie les soins en mode ambulatoire, ces derniers générant de nombreux rendez-vous et donc des déplacements fréquents.

Des communautés Rose Car se sont créées en France et deux d'entre-elles à Angers et à Nantes, à l'Institut de Cancérologie de l'Ouest, lequel propose désormais aux patients d'utiliser ce mode de déplacement autant convivial qu'écologique. « Plus qu'un trajet, le covoiturage est un moment de rencontres entre des personnes partageant le même combat, et un temps d'échanges où peuvent se tisser de nouveaux liens », soulignent les représentants de l'ICO, lesquels ont mis en place le widget Rose Car sur le site web de l'établissement afin que les patients intéressés puissent utiliser le service. 

Pour en savoir plus et s'inscrire sur l'une des communautés associées : https://www.covoiturage-rosecar.fr/

 



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